Le litre de gazole s’est vendu en moyenne 2,356 € la semaine du 2 octobre 2026, selon le ministère de la Transition écologique. À ce prix, un utilitaire qui parcourt 30 000 km dans l’année et consomme un litre de plus aux 100 km coûte 707 € supplémentaires par an. Mesure, conduite, entretien, choix des modèles : quatre leviers permettent de réduire la consommation de carburant de vos véhicules professionnels.
Mesurez la consommation réelle de chaque véhicule
Le calcul tient en une ligne : on divise les litres achetés sur le mois par les kilomètres parcourus, puis on multiplie par 100. Les relevés des cartes carburant donnent le premier chiffre, le compteur donne le second.
Ce résultat ne parle qu’en comparaison. Mettez côte à côte deux fourgons du même modèle affectés à des tournées proches, puis intervertissez leurs conducteurs pendant un mois. Si l’écart de consommation suit le véhicule, son entretien est en cause. S’il suit le conducteur, c’est la conduite qu’il faut corriger.
Les solutions de gestion de flotte automatisent ce suivi. Le boîtier télématique1 relève, pour chaque véhicule et chaque conducteur, le kilométrage, la durée de fonctionnement du moteur à l’arrêt et les accélérations ou freinages brusques. Le gestionnaire repère ainsi l’utilitaire qui tourne au ralenti pendant chaque livraison, sans éplucher les relevés à la main.
Le croisement des transactions des cartes carburant avec les trajets enregistrés fait aussi ressortir les anomalies :
- un plein de 90 litres pour un réservoir de 80 ;
- un passage à la pompe un dimanche alors que le véhicule n’a pas bougé ;
- un achat de sans-plomb pour un utilitaire diesel.
Formez vos conducteurs à la conduite économe
Au volant d’un utilitaire léger, l’essentiel des économies se joue dans le pied droit. Le conducteur qui regarde loin devant lève le pied avant le feu rouge au lieu de freiner au dernier moment. Pendant cette décélération, l’injection est coupée et le véhicule avance sans consommer. Ce même conducteur passe le rapport supérieur tôt, sans laisser le moteur monter dans les tours.
Sur autoroute, la vitesse pèse plus lourd encore. Rouler à 110 km/h au lieu de 130 km/h réduit la consommation de 12 à 18 %, selon l’article « Voiture – Comment adopter une conduite écoresponsable » publié par UFC-Que Choisir en juillet 2025. Le temps perdu ? Environ 8 minutes sur 100 km.
Ces gestes s’apprennent lors d’une formation à l’éco-conduite, dispensée par un organisme de formation ou une auto-école. Le stagiaire roule d’abord sur un parcours de référence, revoit ses habitudes avec le formateur, puis reprend le même trajet. L’écart de consommation entre les deux passages mesure ses progrès.
Ce gain s’émousse vite si personne n’en assure le suivi une fois le conducteur revenu à ses tournées. Les données de conduite fournissent un bilan mensuel par conducteur, à comparer avec sa propre moyenne du mois précédent plutôt qu’avec celle de ses collègues. Un classement affiché en salle de pause crée plus de tensions que d’économies. Un objectif collectif embarque au contraire toute l’équipe : 5 % de carburant en moins sur le trimestre, par exemple, assorti d’une prime partagée.
Dans sa fiche « Éco-conduite : les bonnes pratiques », publiée en janvier 2023, la Gendarmerie nationale recense les gestes qui permettent d’adopter les bons réflexes d’éco-conduite, y compris à l’arrêt. Au-delà de 20 secondes, redémarrer consomme moins que laisser tourner le moteur. Elle chiffre aussi l’impact de l’utilisation de la climatisation, qui peut augmenter la consommation de 10 % sur route et de 25 % en ville.
Entretien et chargement : deux sources de surconsommation à surveiller

Un pneu sous-gonflé de 0,5 bar entraîne 2,4 % de consommation en plus, selon l’Ademe, dont le chiffre est repris par UFC-Que Choisir en juillet 2025. Prenez l’habitude de régler la pression de vos pneus chaque mois, à froid, en suivant la valeur inscrite sur l’étiquette du montant de portière. Sur un utilitaire, cette étiquette indique une pression à vide et une pression en charge : la seconde s’impose dès que le fourgon part plein.
Les roues demandent aussi un œil attentif. Un trottoir heurté en manœuvre suffit à dérégler le parallélisme : les pneus frottent alors en biais sur la chaussée, ce qui freine le véhicule et use la gomme. Côté moteur, une huile plus épaisse que celle préconisée par le constructeur augmente les frottements internes.
Le chargement, enfin, pèse directement sur la consommation. Chaque kilo transporté demande de l’énergie au redémarrage. Un utilitaire chargé consomme donc davantage qu’à vide. L’outillage gardé « au cas où » et les barres de toit laissées en place entre deux chantiers alourdissent la facture sans rien rapporter. La Gendarmerie nationale évalue à 10 à 15 % la surconsommation d’une galerie ou d’un coffre de toit laissé sur le véhicule après usage. Faites vider les véhicules une fois par trimestre.
Quels véhicules choisir lors du renouvellement de votre flotte ?
Le premier réflexe consiste à choisir chaque véhicule selon ce qu’il transporte réellement. Un artisan qui ne charge jamais plus de 300 kg d’outillage n’a pas besoin d’un fourgon de 12 m³ : un modèle de 6 m³ lui suffit. Plus lourd et plus haut, le grand fourgon consomme davantage à chaque kilomètre, même quand il roule presque vide.
Pour les tournées urbaines courtes et prévisibles, l’utilitaire électrique supprime la facture de carburant. Sa limite tient à l’autonomie et à la recharge : il suppose une borne au dépôt et des trajets qui ne dépassent pas son rayon d’action.
L’hybride rechargeable demande davantage de prudence. Utilisé comme véhicule de société, il consomme en moyenne 7,6 à 8,4 l/100 km, soit environ cinq fois sa valeur d’homologation. C’est la conclusion d’une étude menée sur 9 000 véhicules par le Fraunhofer ISI, institut de recherche allemand, et l’International Council on Clean Transportation (ICCT), organisme indépendant spécialisé dans les transports, publiée en juin 2022.
L’écart ne relève pas de la fraude. La procédure d’homologation suppose qu’une large part des trajets se fait sur batterie. Or ces voitures de société ne roulent à l’électricité que sur 11 à 15 % de leurs kilomètres, selon la même étude : quand l’entreprise paie le carburant, le conducteur a peu de raisons de recharger son véhicule. Le moteur thermique déplace une voiture alourdie par ses batteries (presque) inutiles.
Ne retenez ce choix que si la recharge est organisée, avec une borne au dépôt ou au domicile du conducteur et un suivi du pourcentage de kilomètres parcourus en mode électrique.
FAQ
Pas en continu. Dans sa fiche « La géolocalisation des véhicules des salariés », la CNIL interdit d’utiliser la géolocalisation pour surveiller en permanence le respect des limitations de vitesse : seule la vitesse moyenne peut être exploitée. L’employeur doit informer chaque salarié avant la mise en service. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, il doit aussi consulter le comité social et économique (CSE), en application de l’article L2312-38 du Code du travail.
Sur une route plate et dégagée, oui, car il évite les variations d’allure. En relief, il fait l’inverse : il accélère en montée pour tenir la vitesse affichée, là où un conducteur peu pressé accepterait de perdre quelques km/h.
Oui, en application de l’article 298 du Code général des impôts. Sur le gazole et l’essence, la TVA est déductible à 100 % pour les véhicules utilitaires et à 80 % pour les voitures particulières.
Note de bas de page :
- Télématique : technique qui associe un boîtier installé dans le véhicule, relié au GPS et à l’électronique du moteur, et la transmission de ses données par le réseau mobile vers un logiciel consulté à distance. ↩︎

